Troubles de la parole et du langage

Retard de parole chez l'enfant : bilan et prise en charge à Beyrouth

Votre enfant a deux ans et montre encore du doigt plutôt que de parler. Ou trois ans, et vous êtes la seule à le comprendre. Le retard de parole et de langage est le premier motif de consultation au cabinet de Verdun — et celui où intervenir tôt change le plus de choses. Voici comment distinguer un enfant qui parle tard d'un enfant qui a besoin d'aide.

Réserver un bilan

Les signes que les parents remarquent en premier

  • Moins de 10 mots à 18 mois, toutes langues confondues
  • Moins de 50 mots, ou aucune association de deux mots (« encore jus », « papa parti ») à 2 ans
  • Comprend nettement moins que les enfants de son âge — les consignes ne passent qu'avec un geste
  • Montre, tire, grogne au lieu d'utiliser des mots qu'il semble connaître
  • A cessé d'utiliser des mots qu'il disait auparavant
  • À 3 ans, un inconnu comprend moins de la moitié de ce qu'il dit
  • Frustration ou colères quand il n'arrive pas à se faire comprendre
  • Peu de babillage bébé, ou peu de gestes (coucou, pointage) à 12 mois

Attendre, ou consulter ?

Certains enfants qui parlent tard rattrapent seuls — mais rien, de l'extérieur, ne permet de dire lesquels, et ceux qui ne rattrapent pas perdent les années les plus précieuses pour intervenir. La règle est simple : moins de 50 mots à deux ans, pas d'associations de mots à deux ans et demi, ou une inquiétude sur ce qu'il comprend — demandez un bilan. « Attendez trois ans » est un conseil qui coûte une année. Un bilan n'engage pas à une prise en charge ; il se conclut souvent par un plan à appliquer à la maison.

À quoi ressemblent les séances

Pour les tout-petits, la séance est un jeu — et vous êtes dans la pièce. Chez les enfants qui parlent tard, les preuves les plus solides vont aux approches par guidance parentale : Ghinwa modélise des techniques précises pendant le jeu, vous les pratiquez, et l'enfant reçoit des centaines de bonnes occasions de langage par semaine au lieu d'une heure. Pour les plus grands, la prise en charge cible exactement les manques relevés au bilan — vocabulaire, construction de phrases, compréhension des questions, consignes — avec des activités à la maison après chaque séance.

Arabe, français, anglais — et un seul enfant

Le bilinguisme ne cause pas de retard de parole, et supprimer une langue n'en corrige aucun. Dans un foyer libanais, le vocabulaire se compte dans toutes les langues que l'enfant entend : vingt mots arabes et quinze mots français font trente-cinq mots, pas vingt. Mélanger les langues dans une phrase est normal et attendu. Le bilan se fait dans les langues que votre enfant parle réellement — l'arabe ou l'anglais, les séances ne se déroulant pas en français — et un enfant scolarisé en français qui parle arabe à la maison n'est pas noté en retard dans une langue qu'il découvre à peine. La coordination avec l'école francophone fait partie du plan.

Les questions que posent les parents

Les antécédents familiaux de parole tardive sont réels et augmentent effectivement la probabilité d'un simple retard qui se résorbe. Mais ils augmentent aussi la probabilité d'un trouble du langage durable — les mêmes antécédents jouent dans les deux sens. C'est une raison de consulter plus tôt, pas d'attendre. Le bilan dit lequel des deux vous avez devant vous.

Une bonne compréhension est vraiment rassurante — les enfants qui comprennent bien mais parlent tard ont les meilleures chances de rattraper. Deux choses méritent tout de même d'être vérifiées : que la compréhension est aussi solide qu'elle en a l'air (les enfants lisent remarquablement bien les routines et les gestes), et qu'aucune cause n'explique l'écart, comme une difficulté de parole ou un problème d'audition. Un test auditif est souvent la première étape.

Les écrans ne causent pas de trouble du langage, mais une exposition importante durant les deux premières années remplace les échanges en face à face dont le langage se nourrit, et la recherche l'associe à une parole plus tardive. Réduire les écrans et augmenter le jeu partagé aide tous les enfants — mais si les mots ne viennent toujours pas, cela seul n'est pas un traitement.

Vers 18 mois. Avant, les inquiétudes portent généralement sur l'audition, le babillage et les gestes, et le pédiatre et l'audiologiste sont les bons premiers interlocuteurs. À partir de 18 mois, un bilan orthophonique peut dire si l'enfant est dans la norme et vous donner des choses précises à faire à la maison.

Vous ne savez pas si cela concerne votre enfant ?

Envoyez un message WhatsApp avec l'âge de votre enfant et ce que vous avez remarqué. Vous recevrez une réponse franche sur la pertinence d'un bilan — et si un bilan ne s'impose pas, on vous le dira aussi.

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